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Application du règlement P-6 à Montréal

Ce matin, à 10h30, trois représentants du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) s'adressaient au comité exécutif de la ville à propos de l'application du règlement municipal P-6. Vous pouvez consulter en ligne le règlement original, ainsi que les amendements concernant la remise d'itinéraire et le port du masque. Le P-6 n'est pas entièrement nouveau. Il existait déjà avant 2012 et mentionnait notamment l'interdiction de transporter des «objects contondants». Le règlement n'est appliqué que lorsque le poste de commandemant est en opération et, donc, avec leur permission.

Il est clair que, pour le SPVM, il s'agissait avant tout d'une opération de relations publiques, afin de se justifier non seulement auprès des éluEs de la Ville de Montréal, mais aussi auprès des citoyens. Selon eux, l'application du règlement P-6 est nécessaire car il y a un «noyau radical» de manifestants qui menace la sécurité publique. S'il y a eu un nombre extraordinaire de manifestations l'an dernier, plus de 700, parfois plus de cinq par jour, le SPVM trouve que c'est depuis 2013 que l'on remarque une radicalisation.

Le SPVM préfère ne pas trop discuter de ses stratégies et affirme même ne pas vouloir trop de transparence, mais ils n'ont pas expliqué plus en détail cette prise de position. On peut supposer que, dans une certaine mesure, il s'agisse de simple question de sécurité. Ils ont tout de même abordé certaines de leur stratégie. Par exemple, leur compte Twitter est très actif pendant les manifestations. On y voit la déclaration que la manifestation est illégale (ou, beaucoup plus rarement, légale), le trajet suivi par les manifestant.e.s ou encore des réponses aux questions des citoyen.ne.s.

Le SPVM fait également usage d'agents médiateurs qui parlent avec les manifestant.e.s. Ils sont cependant beaucoup moins présents dernièrement, par crainte pour leur sécurité.

En 2012, la plupart des manifestations étaient pacifiques. Le SPVM analyse régulièrement les manifestations passées et considèrent, comme mentionné plus haut, que celles qui se sont déroulées depuis janvier 2013 ont mené à une recrudescence d'actes de violence orientés envers les policiers, ce qui contraste avec le calme relatif de l'automne dernier. Il y aurait «présente récurrente d'un noyau dur» qui cherchent à faire déraper les événements.

Le 5 mars marquait le premier anniversaire des manifestations nocturnes. Le SPVM dit avoir constaté la présence d'un groupe qui voulait surtout confronter les policiers. C'est suite à cette manifestation qu'ils ont changé leur stratégie et décidé d'appliquer P-6 avec plus de rigueur. Ils insistent sur le fait que, avant les manifestations, ils demandent plusieurs fois la diffusion d'un itinéraire et qu'ils ont dit publiquement que le port du masque serait interdit. Ils ne veulent pas, d'ailleurs, que les manifestations se fassent dans le sens contraire de la circulation, pour des raisons de «sécurité».

Une période de questions faisait suite à leur intervention. Plusieurs élu.e.s ont reçu des lettres de citoyen.ne.s inquiets. Comment s'assurer que le règlement est appliqué avec discernement? L'application ne mène-t-elle pas simplement l'arrestation massive de gens innocents, qui ne sont pas mal intentionnés, alors que les gens plus radicaux fuient? Réal Ménard, maire de l'arrondissement Mercier—Hochelaga-Maisonneuve, par exemple, a reçu des lettres non seulement de citoyens, mais de groupes comme le syndicat des professeurs du cégep Maisonneuve, ce qui inclut des «professeurs de chimie» et non seulement «des sociologues à gauche qui veulent changer la société». Josée Duplessis, quant à elle, semble trouver que l'application du règlement est plutôt arbitraire.

Le SPVM considère que le règlement P-6 leur permet d'être plus proactif plutôt que réactif, ce qui est mieux pour la sécurité publique. Son application ou non dépend principalement de la collaboration des organisateurs, ce qui emmène Émilie Thuillier, vice-présidente du comité exécutif, à rappeler que les manifestations n'ont pas toutes une hiérarchie, avec une organisation à la «tête» qui pourrait divulguer l'itinéraire. Le SPVM répond que, avant 2012, c'était très structuré et ils recevaient beaucoup d'informations avec l'itinéraire. Ce serait donc un phénomène récent.

Il y a eu des questions concernant spécifiquement l'arrestation et l'enlèvement de la tête d'Anarchopanda, ainsi que sur le cas de Jennifer Pawluck, qui avait photographié un graffiti montrant Ian Lafrenière avec une balle dans la tête, mais le SPVM a été très peu loquace parce que les deux affaires font ou feront l'objet de procès.

L'avant-dernière intervention était celle de Michael Applebaum, maire. Il souligne le fait que, selon lui, le règlement est très important et qu'il est normal qu'il soit appliqué avec discernement, comme n'importe quel autre. Il donne l'exemple de certains règlements qui ne sont pas appliqués pour les simples citoyens, mais qui le sont pour les motards. Il s'inquiète également de l'image de la ville de Montréal véhiculée par les manifestations qui dégénèrent.

La dernière intervention était celle de Christian G. Dubois, qui est, entre autres, président de la commission de la sécurité publique. Comme Applebaum, il soutient le règlement. Il est même allé jusqu'à dire que son application est d'autant plus importante compte tenu de ce qui est arrivé au marathon de Boston.

Mes commentaires

BOLLOCKS.

J'ai été de plusieurs manifestations, y compris celle du 5 mars, qui semble avoir été le point pivotant pour le SPVM. J'ai été traumatisée. Peut-être l'ont-ils été eux aussi? Mais mon traumatisme est pour toute autre raison: la rudesse de leur intervention. J'ai vu, entendu et respiré le mépris. J'ai eu du mal à quitter les lieux parce que les policiers nous dirigaient vers leur prochaine souricière.

Le SPVM a mis un accent très important sur la communication (la «verbalisation»), affirmant chercher à discuter avec les manifestants. Ce n'était pas du tout le cas le 22 mars dernier. Notre petite manifestation de soutien aux arrêtés a été accueuillie avec des boucliers et le camion qui nous disait de partir. Aucune tentative de communiquer avec nous. Étions-nous un noyau dur et radical?

Il y aussi eu deux déclarations qui m'ont marquées, les deux provenant non pas du SPVM mais du comité exécutif. La première, dans l'intervention du maire Applebaum, concernait le souvenir qu'il a eu d'avoir un commerce dont la vitrine a été cassée plusieurs fois. Les assurances ne voulant plus de lui, il devait débourser chaque fois...600$! Si ce chiffre semble familier, c'est que les gens interpellés en fonction du règlement P-6 pour une première fois reçoivent une amende de 637$. Le maire ne semble pas les plaindre, eux.

L'autre, celle qui en a choqué beaucoup, nous vient de M. Dubois. C'est celle que j'ai rapporté plus haut, concernant les événements de Boston. Je ne mets pas en doute l'horreur de ces attaques. Je trouve cependant très douteuse la comparaison. Des gens qui scandent des slogans, quelques vitres cassées ou des balles de neige lancées à des policiers...contre des bombes placées au milieu d'une foule qui comptait des gens de tous âges et de tous horizons? C'est laid.

Les actions du SPVM empêchent les gens, ou du moins les gens de certaines revandications, de manifester spontanément ou de façon non organisée et hiérarchisée. Les discours tenus ce matin nous rappellent d'ailleurs l'importance de l'économie et de la politique dans leur choix. Une trentaine de personnes qui manifestent spontanément pour soutenir leurs camarades, qui faisaient une contestation politique? Chassez-les de la voie publique! Des gens qui sortent du centre Bell pour célébrer la vitoire d'une équipe de hockey aux profits élevés? Laissez-les s'amuser!

Je vais terminer par une citation de l'ASSÉ: «Se servir des victimes de l'attentat pour justifier des arrestations de masse? Dégoûtant.»

Semaine de la citoyenneté 2013

Semaine de la citoyenneté

Lundi 15 avril: politique et éducation (Local A4.82)

Mot de bienvenue et présentation

À 10h

Après le printemps érable et le sommet, quel avenir pour l'éducation québécoise?

De 10h15 à 11h45
Conférence de Gabriel Nadeau-Dubois, animation de François Larose
Retour sur la grève étudiante et le sommet sur l'éducation. «Et si, tout le temps du sommet, on avait parlé de tout, sauf d'éducation?»

Traitement médiatique de la grève

De 12h à 13h30
Table ronde avec Stéphane Baillargeon et Marie-Andrée Chouinard, animation de Paul Turcotte
Couverture dans les «vieux» et «nouveaux» médias et ce qu'elle révèle sur les tensions politiques et idéologiques, ainsi que sur les transformations du milieu médiatique.

Justice sociale, solidarité et contestation démocratique

De 13h45 à 15h15
Conférence de Christian Dubois, animé par Martin Godon
«S'intéresser à la formation d'idéaux communs au Québec»

L'éducation et les inégalités sociales d'hier à demain

De 15h30 à 17h
Conférence de Guy Rocher, animation de Yvan Perrier
La modernisation du parcours historique du Québec et le rôle qu'y ont joué les mouvements féministes et communautaires.

Mardi 16 avril: création et créativité (Local A4.82)

Lutter par et pour les mots

De 8h30 à 10h
Table ronde avec Mariève Isabelle et Maxime Langlois, animation de René Gourde
Le pouvoir des mots dans les débats et les événements du printemps dernier

La couleur de l'indignation

De 10h15 à 11h45
Conférence de Thérèse St-Gelais et Marie-Ève Charron, animation de Marlène Boudreault
«Stratégies visuelles utilisées pour faire valoir un point de vue politique»

L'art et les manifestations sociales et politiques

De 12h à 13h30
Table ronde avec Marie-Claude G. Olivier, Véronique Lafleur et Ève Lamoureux, animation de Marlène Boudreault
Réflexion sur les manifestations artistiques

Triple regard, triple sensibilité

De 13h45 à 15h15
Projection d'oeuvres de Mario Jean, Michaël Fortin et Éric Robertson, animation d'Anne Bérubé
(Pst, les deux derniers sont membres de 99% média et l'autre, ben, c'est Mario Jean.)
Le Printemps québécois: quand le peuple s'éveille..., Fin de régime et 7 jours de grève

Slam la grève

De 15h30 à 17h
Lecture de poèmes de Mario Cholette et autres personnes

Mercredi 17 avril: polémique et engagement (Local A4.82, oui oui)

Les humoristes engagés dans le printemps érable

De 8h30 à 10h
Conférence de Robert Aird, animation de Sophie Tremblay
Rôle de l'humour et des humoristes pendant le printemps dernier et en général dans les mouvements de contestation.

L'université en naufrage?

De 10h15 à 11h45
Table ronde avec Éric Martin et Michel Seymour, animation par Xavier Brouillette
«Assiste-on au détournement des finalités institutionnelles universitaires?»

Le devoir de réserve des professeurs en question

De 13h45 à 15h15
Débat entre Jean Laberge et Yvon Rivard, animation par Yanic Viau
À quel point les professeurs peuvent-illes prendre et défendre publiquement leurs opinions?

République: un abécédaire populaire

De 15h30 à 17h
Projection du film de Hugo Latulippe, animation par Simon Lanctôt

Jeudi 18 avril: légalité et légitimité (Local devinez)

Droit de grève et syndicalisme étudiant

De 8h30 à 10h
Conférence de Marc-Antoine Cloutier, animation par Yves de Repentigny
Sur la judiciarisation du conflit étudiant d'un point de vue légal

Judiciarisation, droits individuels et droits collectifs

De 10h15 à 11h45
Conférence d'Anne-Marie Voisard, animation par Anne-Marie Claret
«Les actions de désobéissance du printemps sont le signe d'une profonde crise de légitimité du droit.»

Liberté d'expression et répression politique

De 13h45 à 15h15
Table ronde avec Denis Barrette, Jean Trudelle et Béatrice Vaugrante, animation par Patrice Régimbald
«Quelle est notre responsabilité pour que la diversité des voix et et des opinions arrive à nos oreilles et nourrisse les débats?»

Vendredi 19 avril: action et mobilisation (même local)

Mouvements sociaux et printemps étudiant

De 8h30 à 10h
Table ronde avec Alexa Conradi, Carol Gélinas et Fanny Theurillat-Cloutier, animation par Stéphane Thellen
Comment le printemps dernier a bouleversé les habitudes en matière d'implication sociale.

Les mouvements sociaux comme lieu politique

De 10h15 à 11h45
Table ronde avec Raphaël Canet et Diane Lamoureux, animation par Pierre Paiement
Les mouvements sociaux permettent la prise de pouvoir par le peuple. Aussi un bilan de la mondialisation de la résistance.

Désobéissance civile, de la dissidence à l'obscruction

De 12h à 13h30
Débat entre Normand Beaudet et Marcos Ancelovici, animation par Aline Baillargeon
Qu'est-ce que la désobéissance civile?

Coquetel de clôture

De 14h30 à 16 au local...A379!

«Coquetel»?

Autres trucs

Exposition «Je me souviendrai

Du 8 au 19 avril à l'Agora. Du lundi au jeudi de 11h à 19h et le vendredi de 11h à 16h.

Prêter l'oreille II

Mercredi 17 et jeudi 18 avril à 12h, dans le hall d'entrée du cégep. Chorale avec Sophie Castonguay.

Déploiement en règle

Vendredi 19 avril à 13h45, rue Ontario, en face du cégep.
Noémi McComber «procède à la déclaration solennelle du protocole d'utilisation du drapeau du Québec dans l'espace public».

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D’ordre et de désordre

[Note: ce texte parle d'intimidation («bullying»), mais sans exemples concrets.]

J'ai une soudaine envie d'écrire sur moi-même. Ça arrive à tous ceux qui écrivent, je suppose.

Je suis née dans un petit village de l'Abitibi. L'école primaire et l'école secondaire comptaient moins de 200 élèves chacune. Pendant presque toute l'école primaire et une partie du secondaire, j'ai été victime d'intimidation. C'était presque exclusivement verbal. Je n'entrerai pas ici dans les détails. Ce n'est pas très intéressant à lire, je suppose, et ce n'est certainement pas agréable à raconter. Le but de ce texte, de toutes façons, n'est pas d'inspirer la pitié, mais d'expliquer un peu de ce qu'est moi-même.

Tout autant que l'intimidation puisse avoir été désagréable, c'est un élément de moi-même dont je ne puis me séparer, un élément de ma construction cognitive qu'on ne peut extirper pour trouver une autre «moi», meilleure que celle qui existe présentement. Sans cela, je serais une autre personne. Cela dit, je ne fais pas du tout l'apologie de ce que j'ai vécu.

Dans une certaine mesure, c'était semblable à la répression: un mépris pour mon être, pour ma simple existence et présence, et une tentative de me faire disparaître. J'ai longtemps cru, et il m'arrive encore de croire, que c'était pour le mieux, que je devais effectivement me conformer ou disparaître.
Une différence majeure vient du fait que, dans le cas de la répression, il m'est facile de comprendre les causes. Perturber l'ordre social est perçu comme une enace non seulement par les plus hauts placés de la hiérarchie, mais aussi par ceux qui sont privilégiés par l'ordre ou pensent que seul celui-ci peut leur offrir le bien-être.

Je me révolte contre l'autorité. Pas avec une colère adolescente, mais avec un anarchisme réfléchi et pacifiste. J'ai une aversion quasi-maladive pour tout horaire qu'on m'impose. Je questionne la kyriarchie quotidiennement. Je cherche des voix mutées par les médias de masse. J'essaie tant bien que mal de faire tomber les murs bâtis autour de moi.

Je ne suis en rien une personne violente et je condamne souvent la violence dont je suis témoin. Je n'apprécie guère l'état actuel des choses justement pour sa violence, tant explicite que cachée. Il serait étrange alors que je cherche à le défaire en utilisant moi-même la violence.

Vous me direz que les gens ne réagissent pas tous ainsi à l'intimidation. C'est le cas pour toutes les expériences humaines. Mais dire que je devrais réagir d'une certaine manière et que ma réaction actuelle est incorrect, c'est nier ma capacité d'auto-détermination et, pire encore, d'auto-description, ma capacité à me donner du sens à moi-même, ce qui est franchement déshumanisant.

Tant sur le coup que maintenant quand j'y repense, je me demande «pourquoi?». Pourquoi moi? Pourquoi me faire ceci spécifiquement? Je n'ai jamais compris. Peut-être ne comprendrai-je jamais. Qu'est-ce qu'il y avait en moi de méprisable? Comme je le disais plus haut, ici je fais une différence majeure avec la répression politique et/ou policière. À l'époque, j'étais perdue et incertaine; j'ai maintenant de fortes convictions. C'est dans les autres que je vois des ressemblances: la conformité et la valorisation de celle-ci, ou encore des attentes strictes non respectées par la victime.

Pendant ce temps, académiquement, je n'avais aucun problème. Au cégep, j'ai étudié en sciences humaines. Pourquoi en sciences humaines? D'abord parce que ça m'intéresse et ensuite parce que, devant le mépris que beaucoup leur portaient, je prenais plaisir à leur accorder ma préférence.1 J'ai quitté mon village natal à 18 ans, pour étudier en cinéma à l'Université de Montréal, un sujet qui m'a toujours intéressé (le cinéma, pas l'université). C'est là que j'ai craqué. J'ai fait une dépression durant ma deuxième session, que j'ai abandonnée sauf pour un cours (nous faisions un film et je ne voulais pas abandonner l'équipe alors que le travail était déjà commencé).

J'ai beaucoup changé depuis ce temps ou peut-être ai-je simplement appris à me connaître et ai-je ensuite agi en conséquence. J'ai passé les dernières années sur différents niveaux du spectrum reconstruction de soi-dépression. J'ai toujours du chemin à faire.

J'ai encore souvent la certitude que mon apparence et ma personnalité ne peuvent que repousser les autres. Il est normal, bien sûr, de ne pas s'entendre avec tous ceux qu'on rencontre, mais le biais de confirmation vient facilement se jouer de nous lorsque l'on souffre.

Je suis à la fois une personne solitaire et une personne qui se sent terriblement seule. J'ai besoin de solitude, mais j'en ai en surplus.

1 Ça ne veut pas dire que je méprise les autres sciences. Je les trouve non seulement intéressantes, mais essentielles. Ça ne veut pas dire que je veux y consacrer ma vie.

(Feminist) Thoughts on Julian Assange

Julian Assange. Australian-born founder of WikiLeaks. Seriously, I don't need to introduce him, do I?

Anyway. The whole rapextradition thing.

I'm a feminist. I don't hide that. I say it proudly, without shame. Why does it matter here? Because of the whole "rape" thing.

Before going any further, I will clarify one thing which I believe is important. Feminists do not form an ideological monolith, agreeing on every thing ever. There are, however, a few things that tend to be more or less homogenous among us, and one of these things is dislike of rape. Rape is horrible and it's horrible that we still need to point it out.

The thing is, while many people would agree that rape is, indeed, horrible, several aspects of so-called "western society" seem to show that people don't care much about rape. Rape victims are met with disbelief and mockery (if not further rape from the people to whom they reported!). Very few rapes are reported, let alone lead to prosecution and sentencing. As a result, rape is an important battlefield to many feminists. When we hear that someone made rape allegations against someone else, our immediate reaction is to believe that person. It seems like the best course of action if we wish to encourage victims to report, authorities to believe and rapists to not be rapists. I take this course of action "even" when the accused is a famous person. Famous people can be horrible too, even when they first become famous through means other than being horrible.

But...

I am not completely oblivious. I don't live in a sort of dream world where governments are transparent, open organisations that constantly think of and act for the well-being of their citizens. I believe there are governments that do horrible things and that want those horrible things to be secret. They write secret laws and procedures, they wage hidden wars, they lie about their "interventions" and "interrogation techniques", and they have faithful media reporting their words as Truths. In their world view, sites such as WikiLeaks are Threats and people like Julian Assange are Evil.

Is Assange a smug, detestable asshole? I don't know, I've never interacted with him. Are the allegations against him true? I don't know. (For the record, when I read them as written here, I see rape. Maybe not in the definition of rape according to Swedish law, with which I am not familiar, but yes according to my definition of it.) Of course, allegations don't necessarily mean truth. I can very easily imagine complex reasons for which people would lie about him and how countries like the United States would gleefully jump on the opportunity.

Because, in the end, I doubt the United States or the United Kingdom give much of a fuck about these allegations. They are merely trying to somehow get to him and, if they do, I don't expect a pleasant experience. Just see what they're doing to people like Bradley Manning. I do believe that Sweden should question Assange (which, as I understand it, is what they should be doing next), but there is no reason they cannot do it in England and, in fact, I think it would be better this way, for the sake of due process. That's still a thing, right?

Sunday Link Dump

In which I read all of the internet.

Or, well, the 'Environment' folder in my feed reader.

La violence dans le vide

(Note: ce billet parle de violence, d'armes à feu et de tensions interethniques.)

Mardi dernier se déroulaient des élections provinciales québécoises. Pour la première fois, nous avons élu une femme comme Première Ministre, en la personne de Pauline Marois, chef du Parti Québécois. Mes idées ne sont pas toujours en accord avec le parti ou sa chef, mais je peux me réjouir en tant que féministe.

Le discours de victoire a cependant été entaché par un incident que ne saurais qualifier d'autre chose qu'horrible. Un homme armé a tenté de pénétrer à l'intérieur du Métropolis, où se trouvait l'assemblée du Parti Québécois. Il a tué une personne et en a blessé une autre. La victime, Denis Blanchette, technicien, est morte en essayant de l'empêcher d'entrer. Il aura droit à des funérailles nationales, ce qui ne le ramènera pas à la vie.

Suite à cet événement, la nation est sous le choc. Et comme nous sommes humains, nous tentons de comprendre. Il peut être tentant de tomber dans les extrêmes: d'un côté, y voir un geste purement politique; de l'autre, un «fou» sorti de nulle part. Je refuse de me limiter à l'une ou l'autre des explications.

L'acte a été commis par un individu. Une personne avec ses propres pensées, sa propre volonté. Il n'a pas été commandé par d'autres. Il serait à la fois faux et dangereux de pointer du doigt un groupe quelconque et de dire que c'est entièrement leur faute.

Certains ont blâmé les conservateurs (tant ceux au fédéral qu'au provincial), entre autre concernant le registre des armes à feu. Mais ils n'ont pas ordonné cette action et l'ont même condamnée (je ne m'étenderai pas ici à débattre de la valeur de leur condamnation).

D'autres ont blâmé les anglophones, ou encore les francophones, mais ni l'un ni l'autre de ces groupes ne constitue un monolithe idéologique, et la quasi-totalité d'entre eux ne voudrait certainement pas d'un assassinat en leur nom, même envers leurs adversaires politiques.

D'autres encore ont blâmé Pauline Marois elle-même, une idée si répugnante que je ne prendrai même pas la peine de la réfuter ici.

Serait-ce donc simplement un «fou»? Ça me dérange d'entendre cette explication toujours sortir quand quelqu'un commet un geste horrible. Je ne nie pas qu'il y ait clairement quelque chose qui cloche dans sa tête. Qu'il soit «fou», disons. C'est juste que ça m'attriste que les «fous» soient toujours ceux qui font des choses pareilles. Moi et mon amoureux avons tous les deux des problèmes de santé mentale. On ne nous voit pas dans les médias parce que la plupart de notre vie est, franchement, banale. Si les gens qui commettent de tels actes sont «fous», la plupart des fous ne sont pas dangereux ou violents.

Je pense qu'il est réducteur de croire que la folie serait la seule responsable. Cet homme n'est pas sorti du vide. Il ne s'est pas procuré une arme par la seule force de sa volonté. Il ne s'est pas retrouvé au Métropolis en cette soirée précise par simple hasard. Ce n'est pas non plus par hasard qu'il n'a pas été interrompu avant d'avoir déjà blessé une personne et d'en avoir tué une autre, deux personnes qui n'étaient en rien des agents de sécurité ou de police.

C'est vrai que c'est lui qui s'est procuré une arme, qui s'est rendu sur les lieux et qui a fait feu. Il est responsable de ses actes. Mais il n'est pas sorti du vide. Il fait partie d'une société, une société qui a des lois et des narratives spécifiques. Les dernières nourrissent l'esprit (certains aliments ne sont pas très nutritifs), les premières permettent ou empêchent des actes.

(P.S. Il n'est pas entièrement vrai de dire que nous ne nous retrouvons pas dans les médias, mais je ne veux pas détourner du sujet ici, et à moins de nous connaître déjà, notre présence y est plutôt anonyme.)

Après la peur

Dans mon billet «Pour qui je vais voter, j'ai parlé de peur. Je trouve cependant que ma propre réflexion était incomplète. Il serait très faux de penser que, demain, quand j'irai voter, ce sera en tremblant de peur.

D'abord, il faut comprendre que la peur, si elle n'est pas agréable à ressentir, n'en est pas nécessairement mauvaise. Comme la colère, c'est surtout dans son expression qu'elle peut être regrettable et non dans son existence même.

Dans ce cas-ci, la peur n'est pas la fin de ma réflexion. Elle se trouve au début, juste après le constat de l'état des choses. Je ne suis pas face à un lion affamé; je suis face à des changements de société déjà entrepris. J'ai du temps pour réfléchir à la marche à suivre. J'ai beaucoup réfléchi dans les quelques dernières années. Mes réflexions ont été nourries par des lectures, des discussions et des discours, et, si je continue à ressentir une certaine peur, je ressents aussi de l'espoir. L'espoir que les choses changent d'une manière qui profiterait à tous.

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