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Archive for the ‘Politics’ Category

Application du règlement P-6 à Montréal

Ce matin, à 10h30, trois représentants du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) s'adressaient au comité exécutif de la ville à propos de l'application du règlement municipal P-6. Vous pouvez consulter en ligne le règlement original, ainsi que les amendements concernant la remise d'itinéraire et le port du masque. Le P-6 n'est pas entièrement nouveau. Il existait déjà avant 2012 et mentionnait notamment l'interdiction de transporter des «objects contondants». Le règlement n'est appliqué que lorsque le poste de commandemant est en opération et, donc, avec leur permission.

Il est clair que, pour le SPVM, il s'agissait avant tout d'une opération de relations publiques, afin de se justifier non seulement auprès des éluEs de la Ville de Montréal, mais aussi auprès des citoyens. Selon eux, l'application du règlement P-6 est nécessaire car il y a un «noyau radical» de manifestants qui menace la sécurité publique. S'il y a eu un nombre extraordinaire de manifestations l'an dernier, plus de 700, parfois plus de cinq par jour, le SPVM trouve que c'est depuis 2013 que l'on remarque une radicalisation.

Le SPVM préfère ne pas trop discuter de ses stratégies et affirme même ne pas vouloir trop de transparence, mais ils n'ont pas expliqué plus en détail cette prise de position. On peut supposer que, dans une certaine mesure, il s'agisse de simple question de sécurité. Ils ont tout de même abordé certaines de leur stratégie. Par exemple, leur compte Twitter est très actif pendant les manifestations. On y voit la déclaration que la manifestation est illégale (ou, beaucoup plus rarement, légale), le trajet suivi par les manifestant.e.s ou encore des réponses aux questions des citoyen.ne.s.

Le SPVM fait également usage d'agents médiateurs qui parlent avec les manifestant.e.s. Ils sont cependant beaucoup moins présents dernièrement, par crainte pour leur sécurité.

En 2012, la plupart des manifestations étaient pacifiques. Le SPVM analyse régulièrement les manifestations passées et considèrent, comme mentionné plus haut, que celles qui se sont déroulées depuis janvier 2013 ont mené à une recrudescence d'actes de violence orientés envers les policiers, ce qui contraste avec le calme relatif de l'automne dernier. Il y aurait «présente récurrente d'un noyau dur» qui cherchent à faire déraper les événements.

Le 5 mars marquait le premier anniversaire des manifestations nocturnes. Le SPVM dit avoir constaté la présence d'un groupe qui voulait surtout confronter les policiers. C'est suite à cette manifestation qu'ils ont changé leur stratégie et décidé d'appliquer P-6 avec plus de rigueur. Ils insistent sur le fait que, avant les manifestations, ils demandent plusieurs fois la diffusion d'un itinéraire et qu'ils ont dit publiquement que le port du masque serait interdit. Ils ne veulent pas, d'ailleurs, que les manifestations se fassent dans le sens contraire de la circulation, pour des raisons de «sécurité».

Une période de questions faisait suite à leur intervention. Plusieurs élu.e.s ont reçu des lettres de citoyen.ne.s inquiets. Comment s'assurer que le règlement est appliqué avec discernement? L'application ne mène-t-elle pas simplement l'arrestation massive de gens innocents, qui ne sont pas mal intentionnés, alors que les gens plus radicaux fuient? Réal Ménard, maire de l'arrondissement Mercier—Hochelaga-Maisonneuve, par exemple, a reçu des lettres non seulement de citoyens, mais de groupes comme le syndicat des professeurs du cégep Maisonneuve, ce qui inclut des «professeurs de chimie» et non seulement «des sociologues à gauche qui veulent changer la société». Josée Duplessis, quant à elle, semble trouver que l'application du règlement est plutôt arbitraire.

Le SPVM considère que le règlement P-6 leur permet d'être plus proactif plutôt que réactif, ce qui est mieux pour la sécurité publique. Son application ou non dépend principalement de la collaboration des organisateurs, ce qui emmène Émilie Thuillier, vice-présidente du comité exécutif, à rappeler que les manifestations n'ont pas toutes une hiérarchie, avec une organisation à la «tête» qui pourrait divulguer l'itinéraire. Le SPVM répond que, avant 2012, c'était très structuré et ils recevaient beaucoup d'informations avec l'itinéraire. Ce serait donc un phénomène récent.

Il y a eu des questions concernant spécifiquement l'arrestation et l'enlèvement de la tête d'Anarchopanda, ainsi que sur le cas de Jennifer Pawluck, qui avait photographié un graffiti montrant Ian Lafrenière avec une balle dans la tête, mais le SPVM a été très peu loquace parce que les deux affaires font ou feront l'objet de procès.

L'avant-dernière intervention était celle de Michael Applebaum, maire. Il souligne le fait que, selon lui, le règlement est très important et qu'il est normal qu'il soit appliqué avec discernement, comme n'importe quel autre. Il donne l'exemple de certains règlements qui ne sont pas appliqués pour les simples citoyens, mais qui le sont pour les motards. Il s'inquiète également de l'image de la ville de Montréal véhiculée par les manifestations qui dégénèrent.

La dernière intervention était celle de Christian G. Dubois, qui est, entre autres, président de la commission de la sécurité publique. Comme Applebaum, il soutient le règlement. Il est même allé jusqu'à dire que son application est d'autant plus importante compte tenu de ce qui est arrivé au marathon de Boston.

Mes commentaires

BOLLOCKS.

J'ai été de plusieurs manifestations, y compris celle du 5 mars, qui semble avoir été le point pivotant pour le SPVM. J'ai été traumatisée. Peut-être l'ont-ils été eux aussi? Mais mon traumatisme est pour toute autre raison: la rudesse de leur intervention. J'ai vu, entendu et respiré le mépris. J'ai eu du mal à quitter les lieux parce que les policiers nous dirigaient vers leur prochaine souricière.

Le SPVM a mis un accent très important sur la communication (la «verbalisation»), affirmant chercher à discuter avec les manifestants. Ce n'était pas du tout le cas le 22 mars dernier. Notre petite manifestation de soutien aux arrêtés a été accueuillie avec des boucliers et le camion qui nous disait de partir. Aucune tentative de communiquer avec nous. Étions-nous un noyau dur et radical?

Il y aussi eu deux déclarations qui m'ont marquées, les deux provenant non pas du SPVM mais du comité exécutif. La première, dans l'intervention du maire Applebaum, concernait le souvenir qu'il a eu d'avoir un commerce dont la vitrine a été cassée plusieurs fois. Les assurances ne voulant plus de lui, il devait débourser chaque fois...600$! Si ce chiffre semble familier, c'est que les gens interpellés en fonction du règlement P-6 pour une première fois reçoivent une amende de 637$. Le maire ne semble pas les plaindre, eux.

L'autre, celle qui en a choqué beaucoup, nous vient de M. Dubois. C'est celle que j'ai rapporté plus haut, concernant les événements de Boston. Je ne mets pas en doute l'horreur de ces attaques. Je trouve cependant très douteuse la comparaison. Des gens qui scandent des slogans, quelques vitres cassées ou des balles de neige lancées à des policiers...contre des bombes placées au milieu d'une foule qui comptait des gens de tous âges et de tous horizons? C'est laid.

Les actions du SPVM empêchent les gens, ou du moins les gens de certaines revandications, de manifester spontanément ou de façon non organisée et hiérarchisée. Les discours tenus ce matin nous rappellent d'ailleurs l'importance de l'économie et de la politique dans leur choix. Une trentaine de personnes qui manifestent spontanément pour soutenir leurs camarades, qui faisaient une contestation politique? Chassez-les de la voie publique! Des gens qui sortent du centre Bell pour célébrer la vitoire d'une équipe de hockey aux profits élevés? Laissez-les s'amuser!

Je vais terminer par une citation de l'ASSÉ: «Se servir des victimes de l'attentat pour justifier des arrestations de masse? Dégoûtant.»

(Feminist) Thoughts on Julian Assange

Julian Assange. Australian-born founder of WikiLeaks. Seriously, I don't need to introduce him, do I?

Anyway. The whole rapextradition thing.

I'm a feminist. I don't hide that. I say it proudly, without shame. Why does it matter here? Because of the whole "rape" thing.

Before going any further, I will clarify one thing which I believe is important. Feminists do not form an ideological monolith, agreeing on every thing ever. There are, however, a few things that tend to be more or less homogenous among us, and one of these things is dislike of rape. Rape is horrible and it's horrible that we still need to point it out.

The thing is, while many people would agree that rape is, indeed, horrible, several aspects of so-called "western society" seem to show that people don't care much about rape. Rape victims are met with disbelief and mockery (if not further rape from the people to whom they reported!). Very few rapes are reported, let alone lead to prosecution and sentencing. As a result, rape is an important battlefield to many feminists. When we hear that someone made rape allegations against someone else, our immediate reaction is to believe that person. It seems like the best course of action if we wish to encourage victims to report, authorities to believe and rapists to not be rapists. I take this course of action "even" when the accused is a famous person. Famous people can be horrible too, even when they first become famous through means other than being horrible.

But...

I am not completely oblivious. I don't live in a sort of dream world where governments are transparent, open organisations that constantly think of and act for the well-being of their citizens. I believe there are governments that do horrible things and that want those horrible things to be secret. They write secret laws and procedures, they wage hidden wars, they lie about their "interventions" and "interrogation techniques", and they have faithful media reporting their words as Truths. In their world view, sites such as WikiLeaks are Threats and people like Julian Assange are Evil.

Is Assange a smug, detestable asshole? I don't know, I've never interacted with him. Are the allegations against him true? I don't know. (For the record, when I read them as written here, I see rape. Maybe not in the definition of rape according to Swedish law, with which I am not familiar, but yes according to my definition of it.) Of course, allegations don't necessarily mean truth. I can very easily imagine complex reasons for which people would lie about him and how countries like the United States would gleefully jump on the opportunity.

Because, in the end, I doubt the United States or the United Kingdom give much of a fuck about these allegations. They are merely trying to somehow get to him and, if they do, I don't expect a pleasant experience. Just see what they're doing to people like Bradley Manning. I do believe that Sweden should question Assange (which, as I understand it, is what they should be doing next), but there is no reason they cannot do it in England and, in fact, I think it would be better this way, for the sake of due process. That's still a thing, right?

La violence dans le vide

(Note: ce billet parle de violence, d'armes à feu et de tensions interethniques.)

Mardi dernier se déroulaient des élections provinciales québécoises. Pour la première fois, nous avons élu une femme comme Première Ministre, en la personne de Pauline Marois, chef du Parti Québécois. Mes idées ne sont pas toujours en accord avec le parti ou sa chef, mais je peux me réjouir en tant que féministe.

Le discours de victoire a cependant été entaché par un incident que ne saurais qualifier d'autre chose qu'horrible. Un homme armé a tenté de pénétrer à l'intérieur du Métropolis, où se trouvait l'assemblée du Parti Québécois. Il a tué une personne et en a blessé une autre. La victime, Denis Blanchette, technicien, est morte en essayant de l'empêcher d'entrer. Il aura droit à des funérailles nationales, ce qui ne le ramènera pas à la vie.

Suite à cet événement, la nation est sous le choc. Et comme nous sommes humains, nous tentons de comprendre. Il peut être tentant de tomber dans les extrêmes: d'un côté, y voir un geste purement politique; de l'autre, un «fou» sorti de nulle part. Je refuse de me limiter à l'une ou l'autre des explications.

L'acte a été commis par un individu. Une personne avec ses propres pensées, sa propre volonté. Il n'a pas été commandé par d'autres. Il serait à la fois faux et dangereux de pointer du doigt un groupe quelconque et de dire que c'est entièrement leur faute.

Certains ont blâmé les conservateurs (tant ceux au fédéral qu'au provincial), entre autre concernant le registre des armes à feu. Mais ils n'ont pas ordonné cette action et l'ont même condamnée (je ne m'étenderai pas ici à débattre de la valeur de leur condamnation).

D'autres ont blâmé les anglophones, ou encore les francophones, mais ni l'un ni l'autre de ces groupes ne constitue un monolithe idéologique, et la quasi-totalité d'entre eux ne voudrait certainement pas d'un assassinat en leur nom, même envers leurs adversaires politiques.

D'autres encore ont blâmé Pauline Marois elle-même, une idée si répugnante que je ne prendrai même pas la peine de la réfuter ici.

Serait-ce donc simplement un «fou»? Ça me dérange d'entendre cette explication toujours sortir quand quelqu'un commet un geste horrible. Je ne nie pas qu'il y ait clairement quelque chose qui cloche dans sa tête. Qu'il soit «fou», disons. C'est juste que ça m'attriste que les «fous» soient toujours ceux qui font des choses pareilles. Moi et mon amoureux avons tous les deux des problèmes de santé mentale. On ne nous voit pas dans les médias parce que la plupart de notre vie est, franchement, banale. Si les gens qui commettent de tels actes sont «fous», la plupart des fous ne sont pas dangereux ou violents.

Je pense qu'il est réducteur de croire que la folie serait la seule responsable. Cet homme n'est pas sorti du vide. Il ne s'est pas procuré une arme par la seule force de sa volonté. Il ne s'est pas retrouvé au Métropolis en cette soirée précise par simple hasard. Ce n'est pas non plus par hasard qu'il n'a pas été interrompu avant d'avoir déjà blessé une personne et d'en avoir tué une autre, deux personnes qui n'étaient en rien des agents de sécurité ou de police.

C'est vrai que c'est lui qui s'est procuré une arme, qui s'est rendu sur les lieux et qui a fait feu. Il est responsable de ses actes. Mais il n'est pas sorti du vide. Il fait partie d'une société, une société qui a des lois et des narratives spécifiques. Les dernières nourrissent l'esprit (certains aliments ne sont pas très nutritifs), les premières permettent ou empêchent des actes.

(P.S. Il n'est pas entièrement vrai de dire que nous ne nous retrouvons pas dans les médias, mais je ne veux pas détourner du sujet ici, et à moins de nous connaître déjà, notre présence y est plutôt anonyme.)

Après la peur

Dans mon billet «Pour qui je vais voter, j'ai parlé de peur. Je trouve cependant que ma propre réflexion était incomplète. Il serait très faux de penser que, demain, quand j'irai voter, ce sera en tremblant de peur.

D'abord, il faut comprendre que la peur, si elle n'est pas agréable à ressentir, n'en est pas nécessairement mauvaise. Comme la colère, c'est surtout dans son expression qu'elle peut être regrettable et non dans son existence même.

Dans ce cas-ci, la peur n'est pas la fin de ma réflexion. Elle se trouve au début, juste après le constat de l'état des choses. Je ne suis pas face à un lion affamé; je suis face à des changements de société déjà entrepris. J'ai du temps pour réfléchir à la marche à suivre. J'ai beaucoup réfléchi dans les quelques dernières années. Mes réflexions ont été nourries par des lectures, des discussions et des discours, et, si je continue à ressentir une certaine peur, je ressents aussi de l'espoir. L'espoir que les choses changent d'une manière qui profiterait à tous.

Pour qui je vais voter

Au début, je n'avais pas l'intention de répondre à cette question publiquement, entre autres raisons parce que les personnes qui me l'ont posée plus ou moins directement sont des personnes que je vois face-à-face régulièrement. Pas besoin de bloguer pour leur répondre. J'ai cependant dû réfléchir beaucoup avant de me décider et voici le fruit de cette réflexion.

Mon hésitation se trouvait entre Québec solidaire et Option nationale. Ce sont deux partis qui, soyons francs, se ressemblent. Ils ne sont pas totalement identiques, mais leurs idées et idéaux se rejoignent sur plusieurs points. Même si je serais très, très étonnée que l'un ou l'autre se retrouve à la tête du prochain gouvernement, je ne serais pas réellement déçue dans aucun des deux cas. Je n'utilise généralement pas les mots «gauche» et «droite» en politique, mais on me dirait certainement de gauche et je ne rejeterrais pas l'étiquette.

Ma décision se base sur une différence idéologique entre les deux, différence qui a été identifiée par Jean-Martin Aussant, chef d'ON, sur Twitter:

QS : La gauche avant la liberté / ON : Acquérir la réelle liberté de choisir la gauche ou la droite.

Je comprends ici le terme liberté comme faisant référence à l'indépendance du Québec. Il est vrai qu'il est difficile d'affirmer haut et fort certains de nos idéaux dits de gauche lorsqu'on se trouve sous le pouvoir du gouvernement de Stephen Harper.

Mais mes idéaux, mes rêves et mes opinions dépassent toute frontière. Quand je parle de protection de l'environnement, je ne me limite pas au seul territoire du Québec: je parle de toute la planète. Quand je lutte pour une éducation accessible et de qualité (oui, ça inclut l'absence de frais de scolarité), je ne parle pas seulement pour les Québécois(es), mais pour toute l'humanité.

Bref, j'accorde beaucoup plus d'importance à mes opinions socioéconomiques qu'à la question identitaire. C'est d'aileurs pourquoi je n'ai même pas pensé à voter pour le Parti Québécois.

Je ne pleurerai pas s'ils sont élus, ce qui ne m'étonnerait pas d'ailleurs, mais ça ne ferait pas ma joie non plus. Pour dire simplement: je ne trouve pas le Parti Québécois et le Parti libéral si différents l'un de l'autre. En dehors de la souveraineté, si leurs solutions sont parfois différentes, ce n'est pas la preuve que les valeurs qui les justifient sont différentes.

Centré sur la souveraineté, essayant d'en rassembler tous les défenseurs, le PQ se laisse aller au gré des idées dominantes de l'époque. Si le PQ avait été au pouvoir dans les dernières années, je doute que nous aurions échappé à la tendance vers la tarification et la privatisation de nos services publics.

Encore une fois, en dehors de la question nationale, le PLQ, le PQ et la CAQ ne sont, à mes yeux, pas si différents. Ils se réjouissent d'une illusion de différence qui n'est, justement, qu'illusion. Le PQ, le PLQ et, maintenant, la CAQ, sont des valeurs sûres pour ceux qui craignent un changement radical de notre système. Ces trois partis vont facilement se plier aux désirs capitalistes (appelons-les tels qu'ils sont). C'est pourquoi les médias de masse nous parlent joyeusement d'eux et nous les présentent comme si différents l'un de l'autre: parce qu'ils le sont dans une mesure qu'ils trouvent confortable.

Mais leur confort n'est pas le mien. En toute sincérité, j'ai peur. J'ai peur des hausses de tarifs, j'ai peur de la privatisation, j'ai peur de l'effritement des droits des travailleurs, des étudiants et des chômeurs et j'ai peur de la destruction de l'environnement. Et je doute que le PQ soit réellement capable d'atténuer cette peur.

Le 4 septembre, je vais donc voter pour Québec solidaire. Si on avait un mode de scrutin différent, je voterais pour eux et pour Option nationale.

The Way Things Are

I started working a couple of weeks ago. While I most definitely want to continue, it is rather difficult. There are days where I just get so stressed and can't sleep, which makes it very hard the next day at work. No giving up planned. I can do this!

My sister, her partner and their children left on August 1st for my home region, where they are staying with my parents. Tomorrow morning, Mario and I are leaving to join them. More stress there. I am looking forward to seeing the family, but I absolutely hate car rides. *eyes supply of anti-nausea pills*

There's another thing that stresses me. In January, my parents moved. They had been staying in the same house for more than 25 years (before my birth, then). It was the only home I knew and would constantly call such. Through the bullying and depression, it was the place I could always return to and find some comfort. It just won't be the same now.

In addition to work, I have been attending several protests lately. I was quite surprised to realise that I enjoy protests. I hate standing in a crowd. I hate places full of people. But I love protests. Go figure. Maybe it's the ambiance, the mixture of anger and hope, the people full of ideas. I think the movement also helps, and I mean that in the strictest physical sense: standing there in the crowd feels bad, walking around feels good.

I would have tons of things to say about the movement that has shaken the province since around February/March, but I feel like, tonight, I would be unable to do it any justice, so instead I leave with a simple phrase: protests are beautiful.

Monday Links

Just a round-up of things I've been reading.

Merci

Il y a environ 120 ans, j'étais aux études en cinéma à l'Université de Montréal. (J'ai commencé très tôt.) Pendant ma deuxième session, j'ai fait une dépression. J'ai ensuite abandonné.

J'ai abandonné les études, j'ai abandonné les amis, j'ai abandonné les sorties, j'ai abandonné le travail, j'ai même abandonné Montréal pendant quelques mois...

Je m'apprêtais à retourner à la vie quand c'est arrivé. Autour de moi, un mouvement qui s'éveille. Dans la rue, des gens qui manifestent. Ils ne sont pas d'accord, ils ne sont pas contents. Et un jour je me joins à eux. Moi, l'agoraphobe, moi, l'éternelle silencieuse, je marche, le 22 mai 2012, avec plus de 100 000 personnes dans les rues de la ville. Moi non plus, je ne suis pas d'accord, je ne suis pas contente. Notre colère gronde. Ce n'est pas une colère enragée, qui court et mord aveuglément autour d'elle. C'est une colère réfléchie, débordante d'idéologie.

Merci.

Merci pour cet éveil.

Merci pour vos mots.

Merci pour vos idées.

Merci pour vos convictions.

Merci pour votre persévérance.

Merci de me montrer que, peut-être...et si...si jamais on réussissait? Si jamais on changeait quelque chose? Ne serait-ce qu'une vague qui laisserait à jamais sa marque quelque part? Une note dans les livres d'histoire pour dire que nous étions là, que nous pensions et que nous agissions, que nous ne sommes pas restés assis à regarder bêtement le monde autour de nous.

Merci de faire partie sans le savoir d'une renaissance personnelle qui a trop tardé à venir.

Note: si vous voulez aider les étudiants, vous pouvez faire un don à la campagne Je donne à nous. Il y a eu plus de 3000 arrestations depuis le début de la grève, en février 2012.

Education (and Bollocks) in Quebec

The past months have been rather...intense. If you've been following, then you should know I live in Montreal (That's in Quebec, that French-speaking province of Canada).

Up until recently, education tuition fees were frozen, meaning they were not increasing yearly as in most other places. Our government has decided to have none of that: let's thaw out those fees and boil them up, giving us a hike of over $1400 over 5/7 years. The numbers keep changing because they make tiny changes here and there in a one-fourth-assed attempt to make us happy (or to get a tiny brains confused by all the numbers, who knows?).

You might know that the currently leading party at the province level is the Parti Libéral du Québec, the Liberal Party of Quebec. Now, do not make the mistake of thinking that "liberal" here means what the likes of Fox News means when they say "liberal". Our Prime Minister Jean Charest, previously of the Conservative Party of Canada, has moved there by taking advantage of the existence of a thing called neoliberalism. Neoliberalism, meaning "new liberalism", is a doctrine that aims to make sure economy does not evolve past how it was around the end of the 19th century by defending the money-having elites in the name of their liberty to own everything and screw the rest of the world.

When everything started around February, I was, to be honest, not caring much. You see, Mario, my beloved partner, is bipolar, and entered a manic episode also in February, and then spent a few months in the hospital. It greatly affected me and, for a while, I cared about that much more than about any social crisis. He is much better now. He is out since late May and has gone back to work recently. I have, of course, devoted much time since then to following what is going on.

Much has been said on the topic, by the media, in the media and basically everywhere you can go in this city.

The arguments in favor of the hike are familiar. They remind us of how we, as a society, are convinced that the current capitalist economic system is a fatality composed of inevitable elements. Of course, fees are going up. The price of everything is going up! Bollocks.

Bollocks for two reasons. First, like I hinted at earlier, the economic system can (and, eventually, it will, unless humanity goes extinct very, very soon) change. Prices constantly going up are a component of this system. In a different system, it is possible that prices would still go up, but it is not necessary. A parenthesis on the subject. If the prices are going up, then there are two possibilities: either all prices are going up at the same rate (so, for example, if the yearly salary of a teacher goes up by 2%, then the price of four tomatoes of the same type should also go up by 2%); or different prices are going up at different rate (the way things currently are. For example, the teacher's salary could go up by 2% while the tomatoes go up by 150%). In the former case, one can wonder just what the point even is. If everything is going up at the same rate, we find ourselves in a Pinball Scoring situation. Maybe last year you earned $40,000 and this year you earned $200,000. Woah! You're so rich! Except you're not because everything quintupled. In the latter situation, what happens is that the price of some things go up much faster than others. Generally, in a place like Quebec, salaries (while salaries are an income to those receiving them, they have to constitute a cost for someone) have increased much less in the past couple of decades than the price of other things such as housing. What this means is that certain things that were normal back then have become more difficult to have today, while things that were a luxury at the time are pretty normal today. An example of the latter would be most electronics. Of course, when you are very rich, the changes in pricing are not very significant. You have the means to absorb the difference. Except there are people who don't. It might be that x years ago, a family of average size and average income was able to send all its children to university, and that a family in the same situation today is not.

End very long parenthesis.

The second bollocks-causing aspect is a very ideological one. There is an excellent video on the topic of hikes that was done by the IRIS (Institut de recherche et d'informations socio-économiques, which means Institute of Socioeconomic Research and Information). Sadly, the video is in French, but I will offer a paraphrase of one of their points. The current problems are caused by two different visions of higher education. In one vision, the one held by the current government, the purpose of universities is to make research. Be careful, this means a specific kind of research: the one that is financed and praised by companies, for example pharmaceutics, to find ways to make lots of money very quickly. It is a university that serves capitalist interests, including those of its attendees, who are investing (actual money, not only time) not necessarily in their personal interests or in their society, but in their future "wallet", like true entrepreneurs.

The other vision is the one I hold. It is certainly held by at least some of the students taking part in the protests, but I cannot speak for all of them. For us, university serves a more social purpose. While it can definitely help prepare you for a paying job, it is not its only role. Its role is instead to transmit society's knowledge, its history, its culture (in the sense given to the word by social sciences: all that a society makes and uses to make things - languages, customs, art, etc.). University is thus an investment made not only by individuals, but by society as a whole. We decide that it is important to have universities of quality to transmit our cultural baggage, to better society as a whole and/or so that future generations can see what a fabulous place this is.

A second parenthesis: it might sound very patriotic, but it is not xenophobic. After all, it can be part of one's culture to believe that other cultures are also awesome, and that neither is truly "better" than others, they are merely different for a variety of factors. Besides, when I say that we transmit our culture and knowledge, it does not mean exclusively local ones. For starters, no culture is a closed space. They all absorb elements of other cultures. Think of it as transferring the whole of human knowledge rather than as Patrioversity 101: Why Places That Ain't Can'da Are Horrible, Eh?

This has been going on for longer than I expected, so this will become a series.

[Note: throughout this post, like in future ones, I use "university" as synonymous with upper education. This is not quite accurate in Quebec, where Cégeps take in part of the "job" done by universities elsewhere. I am using university simply because it is simpler and shorter.]

Jack Layton (1950-2011)

On August 22nd, Canada suffered a great loss as the leader of the New Democratic Party, Jack Layton, passed away from cancer. I don't believe I have much to add that hasn't already been said by others. I only hope that his party can continue making this a better world, something for which I don't count on the currently leading Conservative Party.

P.S. Cancer sucks.

P.S. #2 You can read the letter he addressed us. Bring a tissue or 40.